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Le droit du bail

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L'emploi/sécurité sociale

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Mettre ou ne pas mettre la charrue avant les bœufs !

Les médias y ont fait un large écho ; les journaux s’en sont repus… le moins que l’on puisse dire c’est que les coups de canifs qui ont entaillé sérieusement l’octroi des allocations de chômage ont fait recette auprès des chroniqueurs !

Et après… on a rangé le sujet dans les cartons en attendant une nouvelle salve de mesures susceptibles de renflouer le budget de l’Etat.

Et, pendant ce temps là, les chômeurs chôment !

Ils chôment et ils s’activent. Il paraît que rogner sur les allocations sociales, voire carrément les supprimer ça va les inciter à chasser l’emploi. Plus question donc de faire sa mijaurée ! Il faut travailler, un point c’est tout !

Mais, au fait, quel travail ? Chez Ford à Genk ? Chez Duferco à la Louvière ?

Ou chez Philips à Turnhout ? Chez Arcelor Mittal à Seraing ou chez Belfius ?

Et puis, si les chômeurs veulent vraiment arriver à leurs fins, ils n’ont qu’à bien se former ! Multiplier les offres de formations serait le meilleur moyen de préparer les demandeurs d’emploi à fondre sur le marché du travail et décrocher le pactole !

N’aurait-il pas mieux valu les former pendant leur cursus scolaire obligatoire ? On a reporté l’âge de l’obligation scolaire à 18 ans. Cette décision n’était pas dictée par le souci de mieux préparer nos jeunes… mais plutôt d’économiser sur les dépenses chômage en reculant de 2 ans le paiement des allocations d’attente[1].

Petit à petit, on a aussi dévalorisé les filières techniques ou professionnelles.

L’école propose — voire impose — aux jeunes, en peine d’école, de rejoindre l’une de ses filières. Ce sont devenu des filières « sanction ». Alors que nous ferions mieux d’encourager et de soutenir le choix de ces métiers. Nous avons autant besoin de l’habileté d’un plombier que de la verve d’un avocat !

Il serait sans doute temps de repenser l’école et d’arrêter de stigmatiser tous nos jeunes qui optent pour des métiers manuels. Ils seraient peut-être moins démunis au moment de fouler le marché de l’emploi.

Si l’école rate parfois ses objectifs, ceux qui s’échinent à améliorer l’emploi s’épuisent en plans de remise à l’embauche de tous poils, incapables, en tout cas à long terme, de répondre au déficit d’emplois.

Pas rare de voir un travailleur remercié après quelques années parce que son employeur ne peut plus profiter des avantages attachés audit plan. Et, voilà notre travailleur bardé d’une solide expérience et d’une formation enviable qu’il ne pourra vraisemblablement négocier avec personne ; ses employeurs potentiels souhaitant aussi profiter des avantages dudit plan avec un autre travailleur en mal d’emploi.

Pourquoi tant d’acharnement à traquer ceux qui cherchent ce qu’ils ne peuvent trouver ? Avant d’enclencher toute cette machine coercitive, ne faudrait-il pas plus courageusement repenser le marché du travail ?

On nous l’a si souvent répété… il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs ! Alors, il est grand temps de prendre le bœuf par les cornes et de revisiter de fond en comble ce marché.

Il n’y a pas d’emploi pour tout le monde. Alors, partageons-le !

Réduire le temps de travail sans toucher au pouvoir d’achat, imposer une embauche compensatoire obligatoire et sanctionnée, réviser le coût du travail, instaurer une fiscalité plus juste : quelques pistes à exploiter… parmi d’autres !

Pas facile à réaliser, c’est sûr ! Nous devons bien cela aux générations futures.

Et puis, en fin de compte, nous avons choisi des politiques pas des comptables !

Si après cette révolution, il subsiste de fieffés filous qui profiteraient de notre manne sociale, il sera toujours temps de leur couper la tête[2]… ou les vivres ! Mais, je crains que le bourreau ne soit vite privé d’emploi.

À bon entendeur…




[1] On parle aujourd’hui d’allocations d’insertion

[2] Au figuré ! bien sûr.